Histoire

La Ferme du Buisson peut s’enorgueillir aujourd’hui d’être restée fidèle à son histoire. Ferme modèle, lieu d’innovation technologique et agricole dès la fin du XIXe siècle, elle est aujourd’hui un lieu d’imagination, de création, de découverte, de défrichage. Au fil du temps, on n’aura jamais cessé d’y inventer.

1825 : Arrivée de la famille Menier

 

Noisiel est choisi par Jean Antoine Brutus Menier pour l’installation de sa fabrique de poudres pharmaceutiques et de chocolat en 1825. Dès le milieu du XIXe siècle, le petit village rural se transforme en un véritable site industriel tandis que le sud de la commune est réservé à l’agriculture.

 

 

1880-1940 : Hégémonie de la ferme Menier

 

Émile Justin Menier, fils de Jean Antoine Brutus, recherche l’autonomie concernant ses produits de base. Il devient propriétaire de sucreries et rapporte le cacao du Nicaragua. En 1880, il fait construire la Ferme du Buisson sur les fondations d'une ferme briarde datant du XVIIIe siècle. La Ferme du Buisson devient vite ferme modèle, haut lieu de développement des innovations technologiques dans le monde agricole.

 

La Ferme du Buisson évolue ensuite en lieu d'expérimentation dans lequel la science est mise au service de l’agriculture. Émile Justin dote la ferme d’un laboratoire qui réalise des essais de chimie agricole et lui offre également l’électricité : les Menier s'appliquent à transférer les avancées du monde industriel vers le monde agricole. 

 

En 1889, la Ferme du Buisson, reconnue pour ses avancées technologiques, accueille le concours de machines agricoles de l'exposition universelle puis, dès 1920, fournit le lait pour nourrir les ouvriers de la cité.

 

 

1950-1976 : Abandon de la ferme Menier

 

Dans les années 1950, l’entreprise Menier connaît de nombreuses difficultés. La guerre, puis l’émergence d’une concurrence étrangère particulièrement productive, conduisent les derniers industriels chocolatiers de la famille, Antoine et Hubert Menier, à la faillite.

 

Pendant les années 1960, c’est la fin de l'empire Menier. La ferme est rachetée par l’Epamarne, et parallèlement, la Ville de Noisiel devient une ville nouvelle, statut imaginé dans le cadre d'un plan d’urbanisme visant à désengorger Paris.

 

Au début des années 1970, le visage de Noisiel change. Le quartier de la Ferme du Buisson est le premier à être construit, laissant à l’écart l’ancienne ferme devenue friche. Ce n’est qu’en 1976 que le projet de réhabilitation est adopté.

 

 

1979-1983 : Naissance du Centre d'art et de culture

 

Il est d’abord envisagé que le bâtiment soit simplement détruit. Très vite l’intérêt architectural et historique du site est pris en compte et l’Epamarne envisage sa réhabilitation. Aménageur de la ville nouvelle, l’Epamarne doit tenir compte de l’importance de la dimension culturelle dans l’attractivité du territoire et décide donc de favoriser l’implantation d'un Centre d’art et de culture.

 

Fabien Jannelle est nommé directeur en 1979. Le projet qu’il dessine est dès lors soutenu par Daniel Vachez, Vice-président du SAN Val Maubuée et Maire de Noisiel depuis 1980. La Ferme du Buisson n’est alors qu'une friche : une bibliothèque est installée dans ce qui est aujourd’hui le hall du Théâtre et les autres locaux abritent les associations locales.

 

Pendant dix ans que dure la réhabilitation, le Centre d'art et de culture n’a pas d’existence physique. Il fait du nomadisme entre les champs et les HLM du Val Maubuée. Les événements qu’il met en place sont dispersés : le Centre d'art et de culture est alors un concept qui se réalise de manière épisodique tout au long de l’année sur tout le territoire.

 

 

1983-1990 : Premières représentations au Centre d'art et de culture

 

Dès 1983, les premiers événements se déroulent dans les murs, après la réhabilitation du premier espace, aujourd’hui appelé le Grenier. L’association Lieux Publics, centre national de création en espace public, créée par Fabien Jannelle et Michel Crespin, occupe les lieux et organise de nombreuses manifestations. 

 

En 1986, la Ferme du Buisson obtient son inscription aux monuments historiques, ce qui garantit une protection du bâtiment lors de sa réhabilitation. Les travaux reprennent en 1987 pour la première étape : la réalisation du Théâtre dans le bâtiment central. En 1990, les travaux s'achèvent. Le Centre d'art et de culture et le territoire se dotent enfin d’un espace de culture fort.

 

 

Depuis 1990 : Label de scène nationale

 

Suite à cette inauguration, Fabien Jannelle (1979-1996) réussit à convaincre l’Epamarne d’ouvrir la route qui passe devant la Ferme afin de créer un axe de passage. En 1990, la Ferme du Buisson obtient le label de scène nationale. Début 1991, le centre d’art et le cinéma sont inaugurés. 

 

Claudine Gironès (1996-1998) s'est toujours passionnée pour la jeune création. Son projet est de faire de la Ferme du Buisson un espace de travail pour les artistes et les compagnies autant que de représentations artistiques. Elle multiplie les résidences sur la durée et tente d'instaurer le caractère national au lieu tout en l'affirmant comme un lieu de proximité. 

 

José-Manuel Gonçalvès (1998-2010) poursuit le projet initial en réalisant l’aménagement des espaces annexes : la Halle, l’Abreuvoir et le Caravansérail. En 2002, en partenariat avec Arte, la Ferme du Buisson est créatrice du festival Temps d'images. D'autres événements sont inventés comme les Nuits curieuses, festival pluridisciplinaire, noctambule et insolite, ou encore les Abreuvoirs à musiques, rendez-vous mensuel dédié aux musiques actuelles.

 

Vincent Eches (2011-aujourd'hui) est en charge du passage de la scène nationale du statut d'association vers celui d'Établissement public de coopération culturelle (EPCC). Son projet pluridisciplinaire et fédérateur est ouvert sur le territoire grâce à la Ferme ambulante et de nombreux partenariats, adapté aux familles avec le meilleur de la programmation jeune public, et innovant autour du 9e art grâce au PULP Festival et à des résidences d'auteurs de bande dessinée.