Retours

La fureur de danser

Des lycéennes s'émancipent par la danse

mer 5 avril 2017

Pendant une semaine, les élèves du programme Art Danse du Lycée Charles de Gaulle de Rosny-sous-Bois (93) ont participé à un stage d'initiation au hip-hop mené par Mathias Rassin de la compagnie Amala Dianor. Au programme de ces 5 journées intensives, la création d'un spectacle inédit qu'elles présenteront au Théâtre le 6 mai à l'occasion de Mai en scène.

 

Depuis le début de l'année scolaire, une dizaine d'étudiantes se retrouve tous les mardis au cours de danse contemporaine de Lucie Sertillange. Grâce au partenariat mis en place entre le lycée, la Ferme du Buisson et les Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis, les jeunes filles ont également assisté à plusieurs conférences, rencontres et spectacles.

 

Cette semaine-découverte à la Ferme, elles l'attendaient toutes avec impatience. Chloé-Rose témoigne : "On nous avait montré des vidéos de l'année précédente, ça avait l'air génial donc on avait hâte d'y être ! Au final, c'est encore mieux que ce qu'on pensait".

 

Habitué à diriger des stages à destination du public jeune, Mathias Bassin décrit un groupe de danseuses déterminées et solidaires, particulièrement attentives à ses remarques. Dans Allez on bouge!, titre qu'elles ont attribué à main levée à leur création, une énergie extraordinaire se dégage de ces 17 jeunes filles. Certaines n'ont jamais fait de danse auparavant pourtant aucune appréhension ne transparaît. Leur interprétation est rafraîchissante et semble motivée par une furieuse envie de danser

 

La chorégraphie est le fruit d'une collaboration étroite entre lui et les étudiantes. C'est d'ailleurs ce que Chloé-Rose a préféré : "On se mettait en rond et au rythme de la musique, l'une après l'autre, on proposait un pas. On se répondait et cela faisait des phrases !". Pour Mathias, l'improvisation permet aux filles de s'affirmer danseuse et d'accepter le regard des autres sur sa pratique personnelle : "Pour moi, leur individualité permet la formation du groupe. Plus elles se sentent elles-mêmes et intégrées, plus l'ensemble est fort". Les jeunes filles le confirment : "Danser devant les gens, on n'a pas l'habitude. Avant le programme, on dansait chez nous, devant le miroir. Là, on est toutes libérées, on ne se sent pas jugées".

 

Alors que la dernière journée s'achève, les élèves remercient Mathias et se disent "reconnaissantes". Elles le reverront le 6 mai à Mai en scène. En attendant, c'est avec leur professeur de danse qu'elles continueront de répéter. Une photo de groupe, de beaux souvenirs, elles quittent finalement la Ferme du Buisson, un très large sourire au lèvres.