Discours

Impermanent du spectacle

Ouverture de la saison 2016/2017

sam 11 juin 2016

Nous sommes tout happy culture de vous présenter le nouveau programme pour la saison 2016/2017.

Les Japonais habitent un archipel instable, régulièrement ébranlé par des secousses sismiques et traversé par les typhons. Cet environnement, où tout est précarité et rien n'est immuable, ils l'ont baptisé le monde flottant. Un territoire où règne le mujô, l'impermanence des choses.

 

À sa manière et à son échelle, la Ferme du Buisson est entrée en impermanence. Comment pourrait-il en être autrement ? Dans un paysage institutionnel aussi mouvant que l’eau des courants, et des horizons budgétaires aux contours incertains, les établissements culturels ont souvent des allures de caravelles sur une mer houleuse.

 

Mais l'impermanence peut avoir certaines vertus. Elle nous amène, malgré le gros temps, à maintenir un cap en manœuvrant de manière habile, en éprouvant la solidarité des équipages, la solidité des armatures et la confiance des armateurs. Elle permet même, par la grâce du hasard, de découvrir l’Amérique, alors qu’à l'origine, on cherchait les Indes.

 

Cette saison qui s'annonce nous l'avons donc voulue généreuse malgré les contraintes, riche de diversité et d'ouverture sur le monde, polémique par endroits pour embrasser à notre manière des questions qui fâchent mais tisser aussi des liens qui libèrent. Une saison de service public en somme. Un service public qui, loin d'être une charge comme certains l'imaginent parfois, est, nous l'espérons, une chance pour ce territoire et ses habitants. Un bien commun, dédié à l'usage de tous, qui se construit avec les artistes et les publics.

 

Une saison de plaisirs enfin, où nous souhaitons, à l'instar d'André Gide, que l'effort vers la volupté emplisse de bonté vos cœurs et de miel nos ruches.


Bienvenue !
 

Vincent Eches, directeur de la Ferme du Buisson